L'occasion pour l'Iran et l’Égypte de se réconcilier
Taghrib (APT)
Un expert des questions du Moyen-Orient explique au journaliste de Tasnim News que Téhéran et Le Caire devraient, dans l’intérêt du Moyen-Orient et du monde musulman, repartir sur des relations diplomatiques amicales, débarrassées des pressions extérieures et des reproches du passé.
date de publication : Sunday 3 September 2017 13:44
Code d'article: 282170
 
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Voici ce qui ressort de l’entretien donné par l’expert Hassan Rostami à l’agence de presse Tasnim :

Cela fait plus de 3 décennies que l’Iran et l’Égypte sont comme fâchés. Il faut remonter pour cela au 26 mars 1979, la date à laquelle a été scellé le Traité de paix israélo-égyptien.

Pour autant, les deux pays peuvent influer très positivement sur d’importantes questions touchant la région du Moyen-Orient et plus généralement le monde musulman.

Ils peuvent concourir à trouver une solution acceptable pour la Palestine et faire du Moyen-Orient une région débarrassée des armes de destruction massive et assurer la sécurité dans cette région.

L’Égypte et L’Iran, deux civilisations anciennes, partagent des valeurs identiques et des positions communes malgré leurs différends. Le Caire soutient comme Téhéran une issue pacifique à la guerre en Syrie, où il ne veut pas non plus de mainmise étrangère.

L’Égypte semble vouloir plus que jamais adopter une politique indépendante des pressions extérieures qui ne sont pas des moindres et qui viennent de plusieurs côtés, notamment du régime israélien, qui est effrayé par tout rapprochement Le Caire-Téhéran et qui ne manque pas de le faire savoir aux autorités égyptiennes.

Washington est aussi de ceux qui jettent des pierres sur la route sinueuse de l’amitié irano-égyptienne et attend en contrepartie de l’aide militaire annuelle de 1,5 milliard de dollars que Le Caire préserve ses intérêts et ceux de son ami, Tel-Aviv, dans la région du Moyen-Orient.

Il ne faut pas oublier Riyad, qui a fait, à chaque tentative de rapprochement irano-égyptien, une nouvelle promesse financière au Caire.

Quoi qu’il en soit, il est de l’intérêt de tous que Téhéran et Le Caire renouent pleinement.

Il n’y a pas deux États dans le monde qui aient les mêmes points de vue à tous égards et il ne faut pas perdre de vue les multiples coopérations irano-égyptiennes déjà réalisées, malgré les différends, au cours de cette dernière décennie.

Il faut que les dirigeants des deux pays, et surtout les dirigeants égyptiens, prennent des décisions fermes et courageuses pour relancer l’amitié, et ce, encore plus aujourd’hui qu’avant, étant donné que le terrain semble favorable au changement.

Le peuple iranien, le peuple égyptien et surtout les personnalités académiques des deux pays accueilleront très favorablement cette réconciliation entre ces deux États dotés chacun d’une civilisation riche et ancienne. 
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