Irak: la vie tente de reprendre son cours à Mossoul
Taghrib (APT)
Le quartier de Mossoul où travaille Mohammed Seddiq a été "libéré" début juillet. Pourtant, deux mois après, cet Irakien ne peut toujours pas rouvrir sa boutique de fruits et légumes car sa voiture, endommagée par les combats, est toujours à l'arrêt.
date de publication : Sunday 10 September 2017 13:33
Code d'article: 283064
 
Comme l'échoppe de Mohammed, la plupart des commerces et surtout des industries, qui faisaient la fierté de ses deux millions d'habitants avant l'entrée des insurgés en 2014, sont toujours à l'arrêt. Même celles qui produisaient les célèbres mousselines, ces fins tissus de coton qui ont fait la réputation de la grande cité du nord du pays.

Car une fois les insurgés chassés, pour les habitants de la deuxième ville d'Irak, le retour à la vie d'avant le groupe Daech est un parcours du combattant.

Il y a trois ans, Mohammed Seddiq, 32 ans, possédait deux voitures: l'une a été brûlée par les insurgés et l'autre a été endommagée par des obus de mortier et des balles qui se sont logées dans la carrosserie gris argenté.

Depuis son quartier de l'ouest de Mossoul, où "aucun garage n'a rouvert", il a dû se rendre dans la zone industrielle de l'est de la ville, moins touché par les combats que l'ouest, à la recherche d'un mécanicien.

"Les réparations vont sûrement coûter 1.000 dollars" et d'ici là, il devra "payer des courses en taxi en puisant dans les économies", car "l'Etat a annoncé qu'il rembourserait les voitures et les maisons".

- 'Cambriolages' -

Pour arranger ses clients, Rezouane Aqil, un mécanicien, assure diviser "souvent par deux" la facture qu'il leur présente. Certains viennent faire réparer leur voiture, malmenée par les bulldozers des insurgés qui les utilisaient pour former des barrages face à l'avancée des troupes irakiennes.

Ils sont prêts à attendre parfois "un mois ou deux", selon M. Aqil, pour les réparations. Impossible pour eux de débourser aujourd'hui le prix d'une voiture.

Car dans Mossoul, même "libérée", rien n'est sûr. "Il y a eu de nombreux cambriolages", témoigne Mohammed Salem, chauffeur de taxi. "Et des gens ont été arrêtés par des groupes non identifiés. Personne ne sait ce qu'ils sont devenus", affirme encore à l'AFP cet Irakien de 33 ans.


 
Share/Save/Bookmark