L'évolution de la relation entre l'Irak et l'Arabie saoudite
Taghrib (APT)
Depuis un certain temps, Riyad multiplie les efforts pour tenter de retrouver de l’influence en Irak, ce voisin arabe avec lequel l’Arabie saoudite partage une immense frontière.
date de publication : Tuesday 15 August 2017 19:28
Code d'article: 279650
 
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L’Irak et l’Arabie saoudite ont fait part le lundi 14 août de la réouverture permanente d’un passage frontalier commun, 27 ans après sa fermeture.

Le point de passage frontalier d’Arar, situé à 430 km au sud-ouest de Ramadi, avait été fermé suite aux tensions diplomatiques entre les deux pays.

Le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammad ben Salmane a pour part annoncé officiellement cette nouvelle à l’occasion de la dernière réunion des ministres. Par ailleurs, il a exprimé la volonté de Riyad d’élargir les relations bilatérales avec Bagdad.

Le déplacement en février 2017 du ministre saoudien des Affaires étrangères à Bagdad semble avoir donné un nouveau souffle aux rapports des deux pays, quoique le peuple et divers groupes irakiens critiquent toujours Adel al-Jubeir pour son interventionnisme et ses offenses faites aux responsables du pays. L’ancien ambassadeur saoudien à Bagdad a été expulsé après avoir manqué de respect à plusieurs reprises aux responsables et aux forces irakiennes au plus fort de l’attaque de Daech contre l’Irak. 

L’Arabie saoudite a coupé les ponts avec l’Irak lors de la Première Guerre du Golfe persique en 1990. Même la chute du dictateur irakien Saddam Hussein en 2003 n’a pas permis de rapprocher les deux pays.

Le chef de la diplomatie saoudienne s’est rendu à Bagdad en début d’année. En juin, c’est le Premier ministre irakien qui était reçu à Riyad, suivi il y a quelques jours par Moqtada Sadr, chef du courant Sadr.

Les responsables saoudiens ont tenté, pendant les dernières semaines, de sceller une alliance avec des figures chiites d’Irak, dont Moqtada Sadr, chef du mouvement Sadr, Qasim al-Araji, ministre de l’Intérieur, et Haïder al-Abadi, Premier ministre.

En effet, l’Arabie veut reconstituer dans le nouvel Irak l’influence qu’elle avait au temps où celui-ci était soumis au pouvoir de Washington.

Quoi qu’il en soit, les récents développements font part des agissements de l’Arabie saoudite, sur les plans diplomatique et médiatique, dans l’espoir de régler un peu la situation chaotique dans laquelle elle se trouve, sur fond des évolutions géopolitiques qui se produisent actuellement au Moyen-Orient sous l’effet du recul du rôle des États-Unis dans la région, dû à la défaite de leurs projets en Syrie.
François Belliot, analyste politique, et André Chamy, juriste international, nous donnent leur point de vue à ce sujet.
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